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lunes, 26 de marzo de 2007

COMMISSION TERRE ET TERRITOIRE

La proposition de "Réforme Agraire" que travaille actuellement la Commission de Terre et Territoire de l’Assemblée Constituante a pour but principal la redistribution des terres non travaillées, surtout dans les terres basses du pays, au bénéfice des petits producteurs agricoles des Hauts Plateaux, dont les terres ont été fortement parcellisées depuis la Réforme Agraire de 1952 et sont devenues peu productives. Ainsi, on estime qu’en Bolivie, à peine 2 millions d’hectares ont été cultivées au cours des dix dernières années, d’un total de 16.4 millions de terres à vocation agricole.

Le principal critère d’accès à la terre est le travail, ce que l’on appelle la Fonction Économique et Sociale (F.E.S) de la terre. Les terres qui n’assumeront pas de Fonction Économique et Sociale seront redistribuées. Parmi les propositions débattues au sein de la Commission Terre et Territoire, il faut noter la proposition de limiter la propriété privée agricole à 5.000 hectares (proposition des mouvements sociaux) ou à 10.000 hectares (proposition de la Fundación Tierra).

COMMENTAIRE D' Alter' Nativas
SUR LA CAPACITÉ DE GESTION ÉCONOMIQUE DES COMMUNAUTÉS ANDINES


Dans de nombreuses régions des Hauts Plateaux (surtout les ex haciendas), les terres ont été parcellisées à un point tel que l'on parle de "sillonfundio", certains agriculteurs n'ayant que quelques sillons à leur disposition. Ce processus est le résultat de la Réforme Agraire de 1952, qui a promu la petite propriété familiale au détriment des terres communautaires. Dans de nombreuses communautés, les aynuqa (terres redistribuées chaque années selon les besoins des familles) ont disparu, et les pâturages ont été parcellisés. Ceci est d’autant plus critique dans les régions à vocation d’élevage de lamas qui a diminué considérablement au profit de l’élevage de bovins, chaque lama ayant besoin comme minimum d’un hectare de pâturage (voir photo ci-joint : à Ventilla Punku –Oruro, ces terres de pâturage sont parcellisées).

Ces transformations ont bien sûr fragilisé les capacités de gestion communautaire des populations, et ont rendu presque invisible le rôle économique des communautés andines et de leurs autorités –syndicales ou traditionnelles.

Pourtant, les problèmes d’accès à la terre, de limites entre petites propriétés foncières, la redistribution des terres abandonnées, la gestion des biens communautaires (infrastructures, équipement, etc.), la réalisation de tâches publiques (nettoiement des canaux d’irrigation, construction de l’école, etc.), sont bien des activités économiques gérées par tous les membres de la communauté, à travers leurs autorités.

Malgré cela, de nombreuses institutions de développement ont encouragé la création d’associations de producteurs (de lait, de viande, de quinua, etc.), en marge de l’organisation communautaire, associations qui jouent actuellement un rôle économique important dans certaines régions, entre autres car elles permettent l’accès au commerce juste pour quelques produits (quinua, en particulier).

Il serait intéressant d’une part, de placer ces associations sous contrôle communautaire, puisque la communauté possède bien une capacité de gestion, et d’autre part de prévoir et de planifier avec les communautés les différentes activités mises en place par ces associations de telle sorte que certaines familles ne soient pas exclues de ces entreprises associatives n'ayant pas les ressources suffisantes pour y accéder (pas de vaches laitières pour un projet laitier, pas de lamas pour un projet de charque, etc.). De plus, dans certaines régions, ces associations ne contrôlent pas les conflits qui ont surgi entre agriculteurs pour accéder à plus de terres, comme dans le cas des producteurs de quinua d'Oruro (Salinas) par exemple, alors que justement le rôle des autorités communautaires est de veiller à une répartition équitative de la terre. D'autre part, ces projets ont incité la mise en place d'une monoculture peu adaptée aux sols des Andes qui requiert d'association de cultures, de rotation et de période de jachère en vue de maintenir la fertilité du sol.

Il faut noter que la reconnaissance non seulement des terres mais également des territoires communautaires et indigènes est une revendication importante des organisations indiennes au sein de l’Assemblée Constituante, et qu’elle obligera aux autorités communautaires et aux populations à revitaliser leurs capacités de gestion des ressources naturelles. Actuellement, les communautés n’ont pas le contrôle des ressources naturelles qui se trouvent dans leur territoire: à Ventilla Punku, pour citer un exemple concret, de nombreux habitants travaillent dans une mine d’antimoine située dans la communauté, donnée en concession par l’Etat à un particulier, pour un salaire de misère et sans aucune condition de sécurité.

(Sur le sujet de l'entreprise communautaire, cf. Liens: sites de Dominique Temple et du Cauris)

domingo, 11 de febrero de 2007

Proposition de création d'une Autonomie Guarani

Le 8 février, l’assembléiste du Mouvement Vers le Socialismo (MAS), Avilicio Vaca, a présenté une proposition de création d’un dixième département à la Commission d’Autonomie de l’Assemblée Constituante. Le représentant guarani a précisé que cette proposition s’inscrit bien dans le cadre d’un Etat plurinational qui permettra la reconstitution des nations indigènes sur la base des autonomies indigènes. C’est pourquoi il propose un nouvel Etat qui inclurait des autonomies indigènes, urbaines et régionales. La création d’un dixième département se place dans le cadre des autonomies régionales sur la base des cinq provinces du Chaco bolivien, qui comprendrait l’Autonomie Indigène de la Nation Guaraní. Cependant, le représentant guarani n’exclut pas la possibilité d’éliminer les départements en vue d’une reterritorialisation totale du pays, sur la base de propositions qu’a fait connaître le vice-ministre de la Décentralisation, Fabián Yaksic.
Ce projet se propose de créer des Unités Territoriales Indigènes, sur la base du territoire ancestral guaraní, et pas seulement sur les Terres Communautaires d’Origine reconnues actuellement. L’autonomie indigène se baserait alors sur ces Unités Territoriales Indigènes, sans prendre en considération la présence de Métis dans cette région, puisque ceux-ci se trouveraient dans les Autonomies Urbaines, dont l’espace d’action serait les municipalités actuelles.
(Sources: Grupo Líder en constituyentesobrana.org)
(Mapa: Provinces actuelles du territoire guarani)


domingo, 10 de diciembre de 2006

Marche Indigène pour le Territoire et la Reconduction Communautaire de la Loi INRA


La MARCHE INDIGÈNE POUR LA RECONDUCTION COMMUNAUTAIRE DE LA LOI INRA qui a débuté dans le département de Santa Cruz le 31 octobre 2006, est arrivée à La Paz le 28 novembre, après avoir été rejointe par des centaines d’Aymaras et Quechuas des Hauts Plateaux convoqués par le Conseil National des Ayllus et Markas du Qullasuyu (CONAMAQ). L’objectif principal de cette marche était la promulgation de la modification de la Loi 1715 de L’Institut National de Réforme Agraire (INRA), du 18 octobre 2006. La nouvelle loi (Loi 3545) a été promulguée le 28 novembre. Les principaux apports de cette loi sont les suivants :
- La Fonction Économique et Sociale (FES) comprend, de manière intégrale, des terres effectivement utilisées, des terres au repos, des servitudes écologiques légales et des terres établies en fonction de la croissance prévue.
- Les terres qui n’assument aucune FES seront expropriées.
- Les terres expropriées seront destinées exclusivement à des peuples indigènes et/ou originaires qui n’auraient pas suffisamment de terres disponibles pour assurer sa subsistence physique et sa reproduction ethnique.

Commentaire :
Cette loi de modifications de la loi INRA devraient permettre une redistribution plus équitative de la terre en faveur des peuples originaires : Selon le président de la Commission Spéciale des Affaires Indigènes et des Peuples Originaires, Heriberto Lázaro Barcaya, 91% des terres cultivables de Bolivie sont aux mains de propriétaires terriens (latifundistas) liés aux partis politiques ou à des medias. Parmi ceux-ci, les grands propriétaires qui représentent 5% de la population possèdent 89% des terres. Selon le gouvernement, 14 familles de latifundistes possèdent 312.966 hectares de terres. Dans ce contexte, l’expropriation des terres qui n’assument aucune fonction économique et sociale devrait bénéficier aux peuples indigènes et originaires du pays, en particulier du département de Santa Cruz. Cette redistribution devrait commencer en janvier 2007.